J’ai été seul à fouler au pressoir, et nul homme d’entre les peuples n’était avec moi. Ésaïe 63:3.

Il faut dire qu’à travers son enfance, sa jeunesse, sa virilité, Jésus resta seul. Dans sa pureté et sa fidélité il foula seul au pressoir, sans l’aide de personne. Il portait un terrible fardeau de responsabilité pour le salut des hommes. Il savait que sans un changement radical de principes et de buts, la race humaine tout entière était perdue. Cela pesait sur son âme, et personne ne pouvait imaginer de quel poids ce fardeau l’accablait.7Jésus Christ, 76.

Aussi longtemps qu’il vécut, sa mère et ses frères ne saisirent pas le sens de sa mission. Ses disciples ne le comprenaient pas davantage. Ayant vécu jusqu’ici dans l’éternelle lumière, intimement uni à Dieu, il allait vivre, sur la terre, dans la solitude. Il faut qu’il porte le fardeau de notre péché et de notre condamnation, puisqu’il est devenu un avec nous. L’Etre sans péché doit éprouver la honte du péché. Le Pacifique doit vivre au millieu des querelles, la Vérité doit habiter au milieu des mensonges, la pureté doit coudoyer la bassesse. Péchés, discordes, désirs coupables: tous ces fruits de la transgression lui sont un supplice.

Seul il foulera le sentier; seul il portera le fardeau. La rédemption du monde reposera sur lui qui a dépouillé sa gloire, acceptant les infirmités de la nature humaine. Il voit tout cela et il en souffre, mais il reste ferme dans sa décision. Le salut de la famille humaine réside dans son bras; il étend la main pour saisir la main de l’amour tout-puissant.8Jésus Christ, 92.

Les disciples n’ont jamais compris comme ils l’auraient dû la nostalgie que le Christ éprouvait en vivant, d’une vie purement humaine, loin des parvis célestes. … Quand Jésus ne fut plus avec eux… ils commencèrent à comprendre quelles attentions ils auraient pu lui témoigner pour réjouir son cœur. …

Un semblable besoin se fait sentir dans le monde aujourd’hui. Bien peu parmi nous comprennent tout ce que le Christ est pour eux. Autrement, ils montreraient le même amour que Marie (Matthieu 26:6-13), et l’onction serait généreusement accordée. … La plus belle offrande faite au Christ ne serait pas jugée trop coûteuse; aucun renoncement, aucun sacrifice, consenti pour lui, ne paraîtrait trop grand.9Jésus Christ, 558, 559.

Puissance de la Grâce – Ellen White